Plateforme 10
Quartier des arts, acte 1

Tourisme: «une belle carte à jouer»

Plateforme 10 étoffe encore une offre muséale déjà considérable pour une ville de la taille de Lausanne. Mais les touristes viennent surtout pour des événements.
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Le MCBA avait attiré 106'000 visiteurs avec sa dernière exposition à Rumine, consacrée à Ai Weiwei.

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Lausanne est déjà une ville qui attire du monde pour ses musées. Une offre qualifiée de «très riche et variée» par Andreas Banholzer, directeur de ­l’Office du tourisme vaudois (OTV), qui cite en particulier le Musée olympique (environ 300'000 visiteurs par an, dont la moitié viennent d’autres pays), la Fondation de l’Hermitage (80'000), la Collection de l’art brut (35'000). Selon une enquête menée dans le cadre de l’Observatoire du tourisme vaudois, 45% des personnes qui ont visité la ville en destination principale disent être allés dans un musée. C’est la réponse qui vient en tête à la question des activités réalisées pendant leur séjour. 
«2021 sera une année historique pour le canton de Vaud, avec les trois musées ouverts à Plateforme 10, poursuit-il. Il existe peu d’équivalents en Europe, c’est un projet très particulier. Ce sera plus que la réunion de trois musées, ce sera un lieu d’échanges et de vie, ouvert à tous publics, un nouvel espace urbain avec de nombreuses offres complémentaires (restaurants, boutiques, bibliothèque). Nous avons là une belle carte à jouer. Tous les éléments sont réunis pour que Lausanne devienne un pôle culturel d’importance au niveau suisse et international. L’OTV travaille déjà dans ce sens depuis plusieurs années, en communiquant auprès de nombreux médias. Des journalistes de tous horizons ont par exemple été invités à visiter le chantier de Plateforme 10 cette année, en amont de l’ouverture du MCBA.»

Des cars de touristes
Attirer les touristes suisses ou étrangers, pour les trois musées de Plateforme 10, c’est un enjeu relativement nouveau. Au Palais de Rumine, le Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) accueillait environ 30'000 visiteurs par an, le Musée de design et d’arts appliqués contemporains (mudac) en reçoit à peu près autant dans la Maison Gaudard. La part des touristes suisses ou étrangers n’a pas été mesurée. L’Élysée (photo) est un peu au-dessus à 60'000 visiteurs, sa directrice Tatyana Franck voit néanmoins passer avec envie des cars de touristes qui n’y viennent pas, mais se rendent à côté, au Musée olympique. Elle a bon espoir qu’à Plateforme 10, grâce au regroupement et à l’emplacement, «nous pourrons mettre sur pied des partenariats avec ­MySwitzerland ou Lausanne tourisme et élargir notre public en attirant nous aussi les cars de touristes.»

Pour les trois institutions, l’objectif est clairement fixé. «Bien sûr, il faut qu’on travaille sur tous les plans, notamment l’offre touristique, sourit Bernard ­Fibicher, directeur du MCBA. Nous allons travailler avec les Offices du tourisme, avec des agences de communication. Nous visons le public international autant que le public suisse et local, tous âges confondus.»

L’exemple Weiwei
Pour Steeve Pasche, directeur de Lausanne Tourisme, «l’ouverture du nouveau MCBA est déjà une magnifique occasion, qui étoffe une offre culturelle déjà très complète sur l’arc lémanique avec le Musée olympique, ­Chaplin’s ­World ou encore le Château de ­Chillon. À nous désormais de mettre en place une stratégie commune entre ­Plateforme 10 et Lausanne Tourisme, dans laquelle nous définirons les publics cibles et les actions de promotion pour valoriser le site, telles que des campagnes digitales en France et en Suisse allemande, ou par l’accueil de journalistes spécialisés, de blogueurs influents.»
Mais ce qui attirera du monde, ajoute-t-il, c’est surtout ce qui s’y passe. Le site, même s’il est séduisant et pratique, ne suffira pas en soi. Ce sont surtout les expositions et les activités proposées qui feront venir des touristes. Andreas ­Banholzer, à l’OTV, dit la même chose à sa manière: «Le contenu des expositions contribuera fortement à l’attractivité du site auprès des visiteurs suisses et étrangers.»
Un bon exemple en a justement été donné par la MCBA avec sa dernière exposition à Rumine, consacrée à l’artiste chinois Ai Weiwei. Elle a battu tous les records avec 106'000 visiteurs en quatre mois, dont bon nombre de touristes asiatiques. Et elle était gratuite. Comme le seront désormais les collections du MCBA, et l’ensemble du bâtiment pendant sa première exposition, Atlas, jusqu’en janvier. Mais pas, par la suite, ses expositions temporaires.